!cid_inlineImage3Ils avaient dix ans.

Ils sortaient juste de l'école primaire dans un petit village espagnol.

Ils ne parlaient même pas notre langue.

Direction Bressuire pour une année scolaire complète loin de leurs parents.

Le petit séminaire de la rue du Temple

Les recruiteurs espagnols avaient une idée derrière la tête: faire de ces jeunes de milieux modestes de futurs prêtres pour la congrégation de Latran.

Avec une éducation basée sur l'apprentissage du français et de la religion!

Du matin au soir!

De l'aube au crépuscule!

!cid_inlineImage7

Hébergés rue du Temple, à un jet de pierre du vieux Saint-Jo, par les Pères de Beauchêne, ils s'apprêtaient à vivre l'expérience de leur vie.

Une expérience répétée pendant cinq ou six années de scolarité!

!cid_inlineImage0

Après une première année à apprendre le français, à réciter des prières et à gérer les tâches matérielles sans la moindre présence féminine, la porte de Saint-Jo leur était grand ouverte  sur les mêmes bancs que les élèves français.

Un demi-siècle plus tard, Francisco VILCHES, Juan-José ESQUIBEL et Miguel Angel CORCOSTEGUI sont revenus en pélerinage pour un voyage-souvenir chargé d'émotion.

Cinquante ans après, leur passé bressuirais leur est revenu en mémoire comme un boumerang.

!cid_inlineImage2  2013 06 espagnols dernières 026

En leur faisant visiter la Bodinière, leur ancien petit séminaire de la rue du Temple devenu salle de prières pour les musulmans et le Vieux Saint-Jo rebaptisé place du Millénaire, le blogueur-guide avait l'impression qu'il revivaient l'expérience d'une vie, qu'ils retrouvaient leur Compostelle, qu'ils redécouvraient la grotte de Lourdes.

Et il y a eu des miracles:

Ils ont retrouvé les noms de quasiment tous leurs profs: ceux qui leurs donnaient des coups de règles sur les doigts, ceux qu'ils chahutaient gentiment, celles qui les faisaient fantasmer et les profs d'espagnol d'hier et d'aujourd'hui

2013 06 espagnols dernières 014    2013 06 espagnols dernières 020

Ils ont retrouvé les lieux familiers qui avaient marqué leur enfance dans le Bressuire glacial des années 60.

Leurs années Saint-Jo fut largement pour eux une option....Lourdes

Il faut dire que Bressuire, ils l'ont arpenté de long en large lors des promenades des jeudis et des dimanches.

Cinquante ans plus tard, ils ont refait le pélérinage du petit Saint-Jo devenu place du Millénaire et du parc de la Bodinière

2013 06 espagnols dernières 031    2013 06 espagnols dernières 009

Francisco se souvient avec nostalgie de ses allers-retours entre le séminaire et la Bodinière: "à l'époque on contournait la prison (place De Gaulle aujourd'hui), puis on prenait la rue de la Bobinette où l'on croisait parfois" la Martine aux gros seins qui nous faisait fantasmer"(sic)

Il faut dire que les présences féminines étaient inexistantes :pas de cuisinière, pas de lingère. En guise de jupons, il n'y avait que les soutanes des pères de Beauchêne.

Pas étonnant qu'ils fantasmaient sur leurs professeurs féminins!

!cid_inlineImage4Le foot, seule échapatoire

Il faut dire que la vie au quotidien était dure: étude, messe, prière, devoirs, cours, étude.

Il faut dire que les conditions étaient précaires avec des salles et des dortoirs sans chauffage et une année scolaire entière passée loin de leurs familles.

Les seules éclaicies étaient, pour la plupart, le football qu'ils pratiquaient au Réveil de Bressuire puis au F.C.B. de Camille NINEL, leur entraîneur vénéré.

Leur vie en famille se cantonnaient à leurs vacances de Pâques et de Noël qu'ils passaient dans des foyers de la région.

Miguel en avait encore la larme à l'oeil en évoquant ses retrouvailles avec sa mère d'adoption, Mme MENARD à Terves pendant que Juan José renouait  avec sa famille d'accueil, M et Mme  GORRY.

Francisco était tout aussi ému en retrouvant la famille TOURAINE à Bressuire (photo).

Après les matches de foot, il était régulièrement leur hôte à Cornet de Terves.

2013 06 espagnols dernières 066

Séminaristes hier, retraités aujourd'hui

Francisco VILCHES, Juan-José ESQUIBEL et Miguel-Angel COSCOSTEGUI sont aujourd'hui retraités de l'enseignement ou du commerce,

Et ils racontent avec le sourire que, comme eux, aucun des jeunes séminaristes espagnols venus à Bressuire n'est devenu prêtre.

Mais ils évoquent avec passion cette vie bressuiraise qui leur a donné une expérience exceptionnelle et qui les a propulsé dans la vie.

Alain CADU

BIENTÔT EN LIGNE:

Le "grand huit" des retraités d'un Saint-Jo amnésique:

Morceaux choisis, les "non mais allo quoi", les 10 commandements aux jeunes profs, les mots d'absence en gym et tout le toutim sur un lycée qui a perdu sa richesse: l'esprit saint-Jo